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Задания 15. Полное понимание информации в тексте

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1
Задание 15 № 25

La maison de charbonniers n'a pas plu à l'auteur parce qu'elle ...

 

1) était noire.

2) était vieille.

3) ressemblait à une prison.

4) ressemblait à un arsenal.


Прочитайте текст и выполните задания А15 – А21, отмечая цифру 1, 2, 3 или 4, соответствующую номеру выбранного вами варианта ответа.

 

Une aventure en Calabre

Un officier de 1'armée de Napoléon ler décrit dans une lettre son voyage en Italie.

Un jour je voyageais en Calabre. C'est un pays de gens qui, je crois n'aiment personne, et surtout les Français. J'avais pour compagnon un jeune homme de vingt ans.

Dans ces montagnes, les chemins sont rudes. Nos chevaux marchaient lentement. Mon camarade allait devant; un sentier qui lui parut plus court nous égara. Il faisait nuit noire quand nous arrivâmes près d'une maison fort noire. Nous y entrâmes. Là nous trouvons toute une famille de charbonniers à table, où du premier mot on nous invita. Mon jeune homme mangeait et buvait tranquillement; moi, j'examinais le lieu et la mine de nos hôtes. Nos hôtes avaient bien la mine de charbonniers, mais la maison ressemblait à un arsenal. Partout des fusils, des pistolets, des couteaux.

Mon camarade riait et causait avec tout le monde et, par imprudence il dit d'abord d'où nous venions, où nous allions, qui nous étions. Français, chez nos plus mortels ennemis, seuls, si loin de tout secours humain ! Enfin il parla de sa valise, priant qu'on la mis sous son oreiller.

Après le souper, on nous laissa ; nos hôtes couchaient en bas, nous dans la chambre du premier étage. Une petite pièce sous le toit où 1'on montait par une échelle. Sous le plafond étaient suspendues les provisions pour toute 1'année. Mon camarade y grimpa seul, se coucha, la tête sur sa valise et s'endormit aussitôt. Moi, décidé à veiller, je fis un bon feu, et m'assit auprès.

La nuit était déjà presque passée quand j'entendis au-dessous de moi notre hôte et sa femme parler et se disputer. En écoutant attentivement, j'entendis ces mots du mari:

— Eh bien! voyons, faut-il les tuer tous les deux? A quoi la femme répondit:

—Oui.

Que vous dirai-je? Tout mon corps était froid, je ne savais si j'étais mort ou vivant. Nous deux, presque sans armes, contre eux douze ou quinze. Et mon camarade mort de sommeil et de fatigue! L'appeler, faire du bruit, je n'osais; m'échapper tout seul, je ne pouvais; la fenêtre n'était pas haute, mais en bas deux gros chiens hurlaient comme des loups.

Quelques minutes après, j’entendis dans l’escalier quelqu’un et je vis le mari, sa lampe dans une main, dans l’autre un de ses grands couteaux. Il montait, sa femme après lui, disait à voix basse :

- Doucement, va doucement !

Puis il entre, son couteau dans les dents, et venu à la hauteur du lit, où le pauvre jeune homme était étendu, d’une main prend son couteau, et de l’autre...Ah !... il saisit un jambon qui pendait au plafond, en coupe un morceau et se retire comme il était venu.

Dès que le jour parut, toute la famille, à grand bruit, vint nous réveiller; on apporte à manger, un déjeuner fort bon. Deux coqs en faisaient partie, dont il fallait, dit la vielle femme, emporter l’un et manger l’autre. En les voyant, je compris enfin le sens de ses terribles mots: «Faut-il les tuer tous les deux?»

D’après P.- L. Courier «Lettres»

Источник: Яндекс: Тренировочная работа ЕГЭ по фран­цуз­ско­му языку. Вариант 1.
Пояснение · ·

2
Задание 15 № 71

Comment était classée Henriette après les examens?

 

1) deuxième.

2) troisième.

3) quatrième.

4) première.


Прочитайте текст и выполните задания А15 – А21, обводя цифру 1, 2, 3 или 4, соответствующую номеру выбранного вами варианта ответа.

 

LE PARAPLUIE

 

A six heures, il fallut réveiller Henriette à grands cris. Elle avait eu beaucoup de peine à s'endormir la veille au soir et maintenant elle était accablée de sommeil. La pluie tombait par rafales. L'averse était si dense que, de la fenêtre de l'étage, Henriette ne voyait même plus l'heure du cadran.

Sa mère l'appelait, la bousculait. Pendant que l'enfant mangeait sans appétit, la tête lourde et la bouche lente, ses trois petits frères faisaient cercle autour d'elle, avec un respect silencieux. Et quand elle eut fini, on lui remit son beau tablier des dimanches, couleur verte d'eau, avec des manches bouffantes. C'était un grand jour qui commençait, et elle avait le coeur un peu serré en passant son tablier.

Sa mère ouvrit la porte, considéra le déluge un bon moment, sans rien dire, soupira, vint à la grande armoire qui occupait tout le côté de la cuisine, l'ouvrit et en tira un parapluie de soie à manche immense avec une petite incrustation sur la poignée: un cadeau de mariage.

- Je te le donne, dit-elle à Henriette, mais fais-y attention. Et surtout, ne le perds pas.

Henriette partit. Elle avait à marcher une heure. Elle serrait de la main gauche le manche du parapluie, ample comme une tente, et, de l'autre bras raidi, elle portait bien droit, pour ne rien renverser, un panier à couvercle avec son repas de midi.

C'est seulement quand elle fut dans la salle d'examen qu'elle se sentit de nouveau à son aise et à son affaire. La dictée lui parut sans difficultés; aux questions du vocabulaire et d'intelligence du texte, elle répondit très bien. Bousculée d'un examinateur à l'autre, elle trouva, l'après-midi très courte. Et elle ne fut pas surprise d'être reçue, mais le bonheur l'inonda quand elle se rendit compte qu'elle était classée première du canton. C'était cela qu'elle avait voulu de toute sa force depuis deux ans au moins : à cette seule condition ses parents consentiraient à travailler plus longtemps pour elle, à la laisser fréquenter le Cours complémentaire. Plus tard, elle serait donc institutrice. Elle aurait des livres toute sa vie. Elle étudierait tant qu'il lui plairait. Elle ferait un grand voyage peut-être, pendant les vacances, une fois ou deux...

De joie, elle sautait en chantonnant sur le chemin du village. Subitement elle s'aperçut qu'il ne pleuvait plus, mais que le grand soleil d'été déclinait à l'horizon. Le vent avait tourné, il faisait beau.

L'enfant montait vite la grande rue. Après le tournant, elle vit devant elle, à gauche, la vieille bâtisse, avec sa cage à poules devant l'ancienne écurie. Henriette franchit le seuil. Sa mère n'était pas dans la cuisine. On l'entendait à l'étage. De là-haut, penchée au-dessus de l'escalier, elle cria avec une voix sèche d'inquiétude:

- Est-ce que tu l'as, au moins ?

- Mais oui, maman !

La mère descendit, elle ne vit pas le geste de la fillette rayonnante qui s'avançait pour l'embrasser: elle jetait un regard circulaire sur les chaises, l'évier, les coins de la pièce.

Alors, la fillette comprit que sa mère était en peine non de son certificat, mais du précieux parapluie. Où l'avait-elle mis, en effet? Elle l'avait oublié à l'école du chef-lieu, pour sûr. Les reproches s'enflaient. D'un coup, l'enfant aux rêves obstinés se sentit reprise par les réalités pesantes, par la vie mesquine et, s'enfuyant sans dire un mot dans la grange obscure, tout au fond, là où il y avait un tas de foin, elle laissa couler ses larmes.

D’après G. Cognot

Источник: Яндекс: Тренировочная работа ЕГЭ по фран­цуз­ско­му языку. Вариант 2.
Пояснение · ·

3
Задание 15 № 117

Le jeune homme, qu’a-t-il fait quand il avait reçu l’argent demandé?

 

1) Il a payé ses dettes et a fait un cadeau à sa maîtresse.

2) Il est allé au Louvre pour admirer les tableaux de Manet.

3) Il a acheté le tableau de Manet « La Cathédrale ».

4) Il est parti voir ses parents en province.


Прочитайте текст и выполните задания А15 – А21, отмечая цифру 1, 2, 3 или 4, соответствующую номеру выбранного вами варианта ответа.

 

La Cathédrale

En 18... Un étudiant s'arrêta, rue Saint-Honoré devant la vitrine d'un marchand de tableaux. Dans cette vitrine était exposée une toile de Manet: La Cathédrale de Chartres. Manet n'était alors admiré que par quelques amateurs, mais le passant avait le goût juste; la beauté de cette peinture l'enchanta. Plusieurs jours il revint pour la voir. Enfin, il osa entrer et en demanda le prix.

— Ma foi, dit le marchand, elle est ici depuis longtemps. Pour deux mille francs, je vous la céderai.

L'étudiant ne possédait pas cette somme, mais il appartenait à une famille provinciale qui n'était pas sans fortune. Un de ses oncles, quand il était parti pour Paris, lui avait dit : « Je sais ce qu'est la vie d'un jeune homme. En cas de besoin urgent, écris-moi. » II demanda au marchand de ne pas vendre la toile avant huit jours et il écrivit à son oncle.

Ce jeune homme avait à Paris une maîtresse qui, mariée avec un homme plus âgé qu'elle, s'ennuyait. Elle était un peu vulgaire, assez sotte et fort jolie. Le soir du jour où l'étudiant avait demandé le prix de la Cathédrale, cette femme lui dit:

— J'attends demain la visite d'une amie de pension qui arrive de Toulon pour me voir. Mon mari n'a pas le temps de sortir avec nous ; je compte sur vous.

L'amie arriva le lendemain. Elle était elle-même accompagnée d'une autre. L'étudiant dut, pendant plusieurs jours, promener ces trois femmes dans Paris. Comme il payait repas, fiacres et spectacles, assez vite, son mois y passa. Il emprunta de l'argent à un camarade et commençait à être inquiet quand il reçut une lettre de son oncle. Elle contenait deux mille francs.

Ce fut un grand soulagement. Il paya ses dettes et fit un cadeau à sa maîtresse. Un collectionneur acheta la Cathédrale et, beaucoup plus tard, légua ses tableaux au Louvre.

Maintenant l'étudiant est devenu un vieil et célèbre écrivain. Son cœur est resté jeune. Il s'arrête encore, tout ému, devant un paysage ou devant une femme. Souvent dans la rue, en sortant de chez lui, il rencontre une dame âgée qui habite la maison voisine. Cette dame est son ancienne maîtresse. Son visage est déformé par la graisse ; ses yeux, qui furent beaux, soulignés par des poches ; sa lèvre surmontée de poils gris. Elle marche avec difficulté et l'on imagine ses jambes molles. L'écrivain la salue mais ne s'arrête pas, car il la sait méchante et il lui déplaît de penser qu'il l'ait aimée.

Quelquefois il entre au Louvre et monte jusqu'à la salle où est exposée la Cathédrale. Il la regarde longtemps, et soupire.

D’après André Maurois

Источник: Яндекс: Тренировочная работа ЕГЭ по фран­цуз­ско­му языку. Вариант 3.
Пояснение · ·

4
Задание 15 № 163

Que signifiait la deuxième cloche du déjeuner?

 

1) Tout le monde se mettait à table.

2) Tout le monde se réunissait dans le Petit Salon de Grand-mère.

3) Tout le monde devait aller se laver les mains.

4) Tout le monde sortait dans le jardin.


Прочитайте текст и выполните задания А15–А21. В каждом задании отмечая цифру 1, 2, 3 или 4, соответствующую выбранному Вами варианту ответа.

 

Mes Grands-parents

Mes grands-parents maternels, Monsieur le Baron et Madame la Baronne, étaient stupéfaits mais ravis de me voir arriver.

– Est-elle baptisée? a demandé ma grand-mère immédiatement.

La femme du sous-lieutenant qui m’accompagnait ne le savait pas.

– Quel est son prénom? a demandé mon grand- père.

La femme du sous-lieutenant a hésité:

– Euh ... je ne me rappelle plus si c'est Céphise ... ou Victoire.

– Je sais que Céphise est le nom traditionnel de la fille aînée chez les Buron, dans la famille de son père, a dit Grand-père à Grand- mère.

– Je n'aime pas du tout Céphise, s'est exclamée Grand-mère. Ce sera Victoire.

– D'accord, a approuvé Grand-père.

Grand-mère s’est chargée de mon éducation. Elle en avait une idée assez sévère datant d'avant la Révolution française. Grand-père, lui, s'est occupé de ma formation politique. C'était un grand royaliste. Il lisait «Le Temps» tous les matins, refusait de présider les commissions agricoles républicaines, ne votait jamais, m'a interdit plus tard (parfois à mon grand désespoir) de recevoir d' «affreuses petites bourgeoises descendantes de ceux qui avaient guillotiné notre cher roi Louis XVI et notre pauvre reine Marie-Antoinette». Le nom de Philippe d'Orléans – qui avait voté la mort de son cousin – ne devait jamais être prononcé à la maison.

Par contre, étant «bien née» (c'était l'une des expressions favorites de mon grand-père), j'avais le droit de jouer avec tous les enfants du peuple – à condition, bien entendu, de leur donner le bon exemple.

La vie au château de Villeserres qui appartenait à mon Grand-père était réglée par une cloche. La première cloche indiquait que je devais me laver les mains, me peigner, éventuellement me changer. Quand la deuxième cloche sonnait, toute la famille devait être dans le petit salon de Grand-mère donnant sur la grande salle à manger.

Grand-père était extrêmement pointilleux sur les horaires des repas. Il arrivait souvent, l'été, que mes cousins, embarqués dans une passionnante partie de tennis ou une promenade en barque sur la rivière, surgissent haletants mais en retard sur la deuxième cloche. «Privés de déjeuner! Cela vous apprendra à être à 1’heure!» s'exclamait alors notre Grand-père, les bras croisés, debout devant la porte fermée de la salle à manger.

Ce qu'il ignorait, c'est que lesdits cousins descendaient alors sur la pointe des pieds au sous-sol où Louise – qui les avait tous vus naître- leur servait dans la cuisine un confortable repas.

Naturellement, je n'avais pas le droit de parler à table jusqu'à l'âge de dix ans. Et quand je vois maintenant mes propres petits-enfants me couper la parole et me raconter, la bouche pleine, ce qu'ils ont vu à la télévision, je reste stupéfaite. Tous les soirs je descendais dans le petit salon de Grand-mère, déjà installée sur son divan recouvert d'un tissu anglais à fleurs, et qui m'attendait. C'était l'heure sacrée du tricot. J'appris d'abord à faire de longues écharpes en laine, soit au crochet, soit avec de grandes et grosses aiguilles. Grand-mère, elle, se réservait les chaussettes à quatre petites aiguilles. Nous bavardions. Elle me racontait des histoires de son enfance, que je ne trouvais pas tellement différente de la mienne.

D’après Nicole de Buron «C’est fou ce qu’on voit de choses dans la vie»

Источник: Демонстрационная версия ЕГЭ—2012 по французскому языку.

5
Задание 15 № 255

Courgette et Camille doivent aller fêter l’anniversaire du garçon ...

 

1) dans la maison de Raymond.

2) au restaurant.

3) à la campagne.

4) à Paris.


L’anniversaire de Courgette

 

Après la mort de sa mère, le petit garçon Icare, surnommé Courgette, vit dans un orphelinat.

 

Je compte sur mes doigts les jours qui me séparent de mes dix ans. Ça tombe samedi et ma meilleure amie Camille et moi on sera chez Raymond, le gendarme, dans sa maison. Je surveille Camille qui fait la mystérieuse, surtout depuis qu'elle est descendue au village avec notre éducatrice Charlotte. Et moi je fais l'andouille «c'est quoi mon cadeau?» et Camille me regarde comme si j'étais muet «viens, on va à la balançoire». J'essaye avec Charlotte qui me dit «je ne vois pas de quoi tu parles».

Même Simon à qui j'ai tout raconté me dit:

– C'est samedi ton anniversaire? Samedi personne ne sera là. Nous on va à Paris pour voir des squelettes au musée.

Samedi, ça y est, j'ai dix ans et je suis déçu. Personne ne m'en parle, ni Simon, ni Ahmed, ni Rosy, ni même Camille et j'en aurais pleuré si Ferdinand le cuisinier ne m'avait pas chuchoté à l'oreille: «Il paraît que c'est ton anniversaire aujourd'hui. Tiens, c’est pour toi, mais tu dis rien à personne». Et il sort un tout petit gâteau au chocolat en forme de coeur que j'avale tout rond.

– Et pourquoi je dois rien dire? je dis.

– Tu verras bien. À lundi, Courgette.

Et Ferdinand le cuisinier m'embrasse et il part dans sa camionnette.

Puis le car se remplit de copains et je les regarde partir eux aussi avec envie. Les squelettes, ça doit être super. Je trouve curieux que tous les éducateurs montent dans le bus, surtout Rosy qui, d'habitude, le samedi, se repose dans sa chambre. Normalement quand on visite un parc ou une forêt ou un musée, y n’a qu'un seul éducateur pour nous accompagner.

Camille est moi, nous attendons Raymond. Je commence à croire que le gendarme nous a oubliés, quand la voiture à pompon bleu écrase les petits cailloux.

Devant la maison à Raymond, Camille me dit de fermer les yeux.

– Pourquoi? je demande. Et je ferme les yeux. C'est difficile de résister à

Camille.

– Tu verras bien. Je vais te mettre un chiffon sur les yeux, là, comme ça.

Tu n'auras qu'à prendre ma main et je te dirai où marcher pour ne pas tomber.

Je descends de la voiture aidé par Camille.

– Stop! Attention, tu as quelques marches à grimper.

Et je lève les pieds pour entrer dans la maison et je la traverse lentement.

Je me cogne quand même contre un meuble. Et plus j'avance, plus j'entends des chuchotements et des rires.

– T'y es presque. Un pas de plus ... Stop! Voilà, tu peux retirer le chiffon.

Et puis j'ouvre mes yeux et je les referme aussitôt. Je suis tout retourné et je ne peux pas empêcher mes larmes de sortir. Camille me lâche la main et je suis tout seul devant mon cadeau et c'est le plus beau cadeau de toute ma vie. Je serre mes poings et j'essuie mes yeux avec et je les regarde pour de bon et aussitôt ils chantent tous «Joyeux anniversaire, Courgette!».

Ils sont tous là. Même Ferdinand le cuisinier. Même le juge avec la directrice. Même les instituteurs de l’école. Et tous mes copains et les éducateurs qui ne sont jamais partis voir les squelettes. Et Raymond qui disparaît derrière un gâteau comme je n’en ai jamais vu. C'est le plus gros coeur en chocolat qui donne envie de mordre dedans. Et ce n'est pas tout. Y a plein de paquets avec des tas de rubans et de ballons autour, et je vois les ballons s'envoler et j'ai l'impression que, moi aussi, je vais m'envoler.

 

D’après Gilles Paris «Autobiographie d’une Courgette»

Источник: Демонстрационная версия ЕГЭ—2011 по французскому языку.

6
Задание 15 № 302

Le professeur de danses parlait avec un accent …

 

1) français.

2) russe.

3) anglais.

4) allemand.


Mon Professeur de Danses

Je me souviens de mon premier cours de danse. Papa en avait choisi un, dans le quartier, rue de Maubeuge. Notre professeur, Madame Galina Dismaïlova, s'est dirigée vers moi:

- Il faudra que tu danses sans lunettes.

Au début, j'enviais mes camarades qui ne portaient pas de lunettes. Tout était simple pour elles. Mais à la réflexion, je me suis dit que j'avais un avantage: vivre dans deux mondes différents, selon que je portais ou non mes lunettes. Et le monde de la danse n'était pas la vie réelle. Oui, un monde de rêve comme celui, flou et tendre, que je voyais sans mes lunettes. À la sortie de ce premier cours, j'ai dit à papa:

- Ça ne me dérange pas du tout de danser sans mes lunettes.

- Tu as raison, a dit papa. Ce sera comme moi quand j'étais jeune ... Les autres te trouveront dans le regard, quand tu ne porteras pas tes lunettes, une sorte de douceur ... Cela s'appelle le charme ...

Les cours avaient lieu chaque jeudi soir et papa m'y accompagnait. La grande fenêtre du studio de danse donnait sur la gare du Nord. Les mères des élèves étaient assises sur une longue banquette rouge. Papa, le seul homme parmi toutes ces femmes, se tenait au bout de la banquette, à distance des autres, et regardait de temps en temps, par la baie vitrée derrière lui, la gare du Nord, les lumières des quais, les trains qui s'en allaient pour de lointaines destinations -jusqu'en Russie, m'avait-il dit- la Russie qui était la patrie de notre professeur, Madame Dismaïlova. Elle avait conservé un très fort accent russe. Elle m’appelait «Catherrrine».

Un jour, papa m'a dit:

- Catherine, c'est drôle ... J'ai connu dans le temps ton professeur, Madame Dismaïlova ... Elle ne me reconnaît pas car je ne suis plus le jeune homme que j'étais alors ... Elle aussi a bien changé. En ce temps-là, Catherine, j'étais un jeune homme assez bien de sa personne, et pour gagner un peu d'argent de poche, j'avais voulu faire de la figuration au Casino de Paris... Un soir, on m'a demandé de remplacer l'un des porteurs... Les porteurs sont ceux qui doivent porter les danseuses de la revue ... Et la danseuse que je devais porter, c'était ta maman ... Je l'ai prise dans mes bras de la façon que l'on m'a indiquée ... Je suis entré en scène avec elle en titubant, sans mes lunettes ... Et patatras! ... Nous sommes tombés tous les deux par terre ... Ta maman avait une crise de fou rire ... Il a fallu baisser le rideau... Elle m'a trouvé très sympathique ... C'est au Casino de Paris que j'ai connu aussi ton professeur, Madame Dismaïlova ... Elle faisait partie de la revue ...

Et papa, comme s'il avait peur que quelqu'un nous suive et entende notre conversation, a ralenti le pas et s'est penché vers moi.

- Eh bien, ma petite Catherine, a-t-il dit d'une voix très basse, presque un chuchotement, elle ne s'appelait pas Galina Dismaïlova à cette époque-là, mais tout simplement Odette Marchal ... Et elle n'était pas russe mais originaire de Saint-Mandé où ses parents tenaient un petit café-restaurant ... Elle nous y invitait souvent ta maman et moi. C'était une bonne camarade ... Elle n'avait pas du tout l'accent russe, mais pas du tout ...

Le cours de danse s'est achevé vers sept heures du soir. Madame Dismaïlova nous a dit:

- Au rrrevoir ... et à jeudi prrrochain, les enfants ...

Dans l'escalier, j'ai chuchoté:

- Tu aurais dû lui parler et l'appeler par son vrai nom ...

Papa a éclaté de rire.

- Tu crois que j'aurais dû lui dire: Bonjour, Odette ... Comment vont les amis de Saint-Mandé?

Il est resté un moment silencieux. Et puis il a ajouté:

- Mais non ... Je ne pouvais pas lui faire ça ... Il faut la laisser rêver, elle et ses clients ...

 

D’après Sempé et Patrick Modiano «Catherine Certitude»

Источник: Демонстрационная версия ЕГЭ—2010 по французскому языку.
Пояснение · ·

7
Задание 15 № 649

Monsieur Linh apprécie-t-il les plats?

 

1) Il ne les apprécie pas beaucoup.

2) Il les apprécie beaucoup.

3) Il reste indifférent.

4) Il ne les apprécie pas du tout.


Au restaurant

Un jour, peu avant Noël, Monsieur Bark invite Monsieur Linh au restaurant. C'est un endroit grandiose, avec quantité de tables et quantité de serveurs. Monsieur Bark fait asseoir son ami qui contemple ébloui tout autour de lui. Jamais le vieil

homme n'a vu un lieu aussimagnifique. Monsieur Bark demande une chaise supplémentaire sur laquelle ils installent Sang diû. On s'adresse ensuite à un homme habillé en noir et en blanc, avec undrôle de costume, qui note des choses sur un petit carnet, s'incline et puis s'en va.

«Vous verrez, on va se régaler!»

Monsieur Bark noue autour de son cou la grande serviette blanche qui était posée à côté de son assiette.

Monsieur Linh en fait autant. Ensuite, il noue une autre serviette autour du petit cou de l'enfant, qui attend, sagement, sans rien dire, sur sa chaise.

«On venait parfois ici prendre un café, avec ma femme», dit Monsieur Bark.

Sa voix s'assourdit. Il y a un silence. Il parle de nouveau, mais avec lenteur. Parfois il s'interrompt un long moment, comme s'il allait chercher les mots très loin en lui et qu'il avait peine à les trouver.

Monsieur Bark s'est tu. Il passe sa lourde main sur son front. Il regarde les nuages par la baie vitrée du restaurant.

Il revient vers son ami et sur un ton grave lui dit:

«Je suis drôlement content d'être ici avec vous, Monsieur Linh.»

Le serveur revient avec les plats. Monsieur Bark a commandé ce qu'il y a de meilleur. Cela n’a pas de prix.

Monsieur Bark et Monsieur Linh mangent et boivent. Monsieur Linh goûte des mets dont il ne soupçonnaitmême pas l'existence. Rien ne lui est connu mais tout est très bon.

Monsieur Linh rit. Parfois, il tente de faire goûter un plat à son enfant. Elle est toujours sage, mais elle n'avale pas la nourriture. Monsieur Bark les regarde avec un sourire.

Quand le serveur a débarrassé la table,après les desserts, Monsieur Bark se penche, saisit un sac qu'il avait déposé tout à l'heure à côté de lui en s'asseyant, en sort un joli paquet qu'il tend à Monsieur Linh.

«Cadeau!» dit-il. Et comme le vieil homme hésite, il poursuit: «Mais oui, c'est pour vous Monsieur Linh, cadeau! Je vous en prie, prenez!»

Monsieur Linh prend le paquet. Il tremble. Il n'a pas l'habitude des présents.

«Eh bien ouvrez-le!» dit Monsieur Bark, en joignant le mouvement du geste à la parole. Le vieil homme défait délicatement le papier d'emballage. Cela prend du temps car il le fait avec méticulosité et ses doigts ne sont pas très habiles. Une fois

le papier enlevé, il a dans les mains une belle boîte. Monsieur Linh ouvre le couvercle de la boîte. À l'intérieur, il y a une feuille de soie, légère, d'un rosé très tendre. Il l'écarte. Son cœur bat la chamade. Il pousse un petit cri. Une robe de princesse vient d'apparaître, délicate, somptueuse, pliée avec grâce. Une robe éblouissante. Une robe pour Sang diû!

«Elle va être belle!» dit Monsieur Bark en désignant la petite des yeux. Monsieur Linh ose à peine poser ses doigts sur la robe. Il a trop peur de l'abîmer. Jamais il n'a vu un vêtement aussi beau. Il repose la robe dans laboîte, la recouvre du papier de soie, ferme le couvercle. Ilprend les mains de Monsieur Bark dans les siennes, et les serre fort. Très fort. Longuement.

En fin d'après-midi Monsieur Bark raccompagne Monsieur Linh. Le jour est agréable. Il ne fait pas très froid. Lorsqu'ils parviennent au pied de l'immeuble du dortoir, les deux hommes se saluent.

Et le vieil homme, heureux, monte dans le dortoir en serrant sa petite fille contre lui.

Источник: Демонстрационная версия ЕГЭ—2014 по французскому языку.

8
Задание 15 № 695

Pourquoi le guide n'a pas tout de suite répondu à la question sur Perrault?

 

1) Il ne connaissait pas la réponse.

2) Il a trouvé cette question insolante.

3) Il voulait donner aux autres la possibilité de répondre.

4) Il voulait attirer l'attention.


Au jardin de l’Observatoire

 

Le guide était un homme heureux. On était vendredi et il menait son dernier carré de visiteurs. Les autres jours de la semaine, l'Observatoire recevait surtout des groupes de scolaires, des bambins surexcités qui couraient en tous sens, quand ce n'étaient pas des adolescents blasés, l'oreille et l'œil rivés sur leur portable. Rien à voir avec les jeunes retraités et les bénéficiaires des RTT qui formaient le public d'aujourd'hui. Des visiteurs attentifs, bien éduqués, prêts à écouter religieusement la moindre parole qui tomberait de sa bouche.

— D'abord, bienvenue à tous à l'Observatoire de Paris. Un édifice d'exception dont la construction fut décidée en 1666 par le grand Louis XIV et son non moins grand collaborateur... j'ai cité... Colbert.

Des murmures d'approbation bruissaient déjà. Qui ne connaissait pas le Roi-Soleil et son infatigable ministre ? Un long sourire s'ébaucha sur le visage poupin du guide. Il tenait son public en main. Un peu d'emphase, un soupçon de suspense et le tour était joué.

— Dès 1667, le chantier commença sous la direction de Perrault.

— Perrault, celui du Chaperon rouge? interrogea aussitôt une voix anonyme.

Le guide laissa planer le doute un instant. Il adorait quand il était ainsi le

centre de la curiosité générale.

— Bien vu, mais non. Il ne s'agit pas de Charles Perrault, l'immortel écrivain... mais de Claude, son frère, architecte du roi, le bâtisseur de cette merveille.

Et d'un geste ample de la main, il désigna la façade de l'Observatoire. A cet instant précis, son plaisir était de contempler les visages ravis et reconnaissants des visiteurs. Sa joie fut subitement tempérée par l'ingratitude visible d'une femme d'une cinquantaine d'années qui consultait son téléphone. Les jambes nues vissées sur de hauts talons, les cheveux courts, roux, le visage anguleux, elle pianotait avec dextérité sur son clavier tactile sans se soucier de la visite. Le guide haussa les épaules.

— Je vous invite maintenant à entrer dans ce bâtiment. Je passe en dernier pour refermer la porte.

Le groupe se mit en mouvement. L'inconnue ne bougea pas. Sur son écran, la page d'accueil de Facebook venait d'apparaître. Elle remonta le fil d'actualité. Depuis l'automne, FB avait intégré à ses services une fonction de géolocalisation. En moins d'une seconde, une carte et un nom de lieu révélaient votre position exacte n'importe où sur la planète. Jamais plus vous ne seriez perdus. Jamais plus on ne vous perdrait.

Les deux derniers envois s'affichèrent :

David est à : Jardin du Luxembourg

Lucas est à : La Closerie des Lilas

— La visite ne semble guère vous intéresser, madame ?

Le guide venait de surgir, un sourire en lame de faucille entre les oreilles. Il n'allait faire qu'une bouchée de cette insolente.

— La visite ? (L'inconnue parut réfléchir.) En fait, je suis très surprise que vous n'ayez pas fait mention de la légende qui hante les lieux.

— Une légende ? (Le guide redressa l'amas graisseux qui lui servait de menton.) À l'Observatoire, dans ce temple de la Science ?

— Même les lieux dédiés à la lumière ont une part obscure. Vous ne savez pas qu'ici se dressait le château de Vauvert au Moyen Age ? C'est pourtant dans n'importe quel guide touristique de Paris bien informé.

— Quel château ?

L'inconnue fit claquer le boîtier de son portable.

— Celui du diable.

 

D'après Giacometti Ravenne, "Le septième templier".

 

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9
Задание 15 № 741

Quelque temps après il a commencé à avoir ...

 

1) peur

2) faim

3) chaud

4) un malaise


L'île d'un Robinson

Jacques Vingtras a bousculé un jeune surveillant de son collège. Pour le punir, on l'a enfermé à clef dans une salle d'étude vide. C'est là qu'il découvre, oublié dans un coin, un ouvrage : Robinson Crusoé...

 

Il est nuit. Je m'en aperçois tout d'un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre? quelle heure est-il?

Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s'effacent, les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d'un mot, puis plus rien.

J'ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse; je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d'une émotion immense, remué jusqu'au fond de la cervelle et jusqu'au fond du coeur; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l'île, et je vois se profiler la tête longue d'un peuplier comme le mât du navire de Crusoé! Je peuple l'espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l'horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l'éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain...

La faim me vient : j'ai très faim. Vais-je être réduit à manger ces rats que j'entends dans la cale de l'étude?

Comment faire du feu? J'ai soif aussi. Pas de bananes! Ah! lui, il avait des limons frais! Justement j'adore la limonade!

Clic, clac! on farfouille dans la serrure. Est-ce Vendredi? Ce sont des sauvages? C'est le petit pion qui s'est souvenu, en se levant, qu'il m'avait oublié, et qui vient voir si j'ai été dévoré par les rats, ou si c'est moi qui les ai mangés.

Il a l'air un peu embarrassé, le pauvre homme ! — il me retrouve gelé, moulu, les cheveux secs, la main fiévreuse; il s'excuse de son mieux et m'entraîne dans sa chambre, où il me dit d'allumer un bon feu et de me réchauffer.

Il a du thon mariné dans une timbale « et peut-être bien une goutte de je ne sais quoi, par là dans un coin, qu'un ami a laissé il y a deux mois ». C'est une topette d'eau-de-vie, son péché mignon... Il est forcé de repartir, de rejoindre sa division. Il me laisse seul, seul avec du -thon - poisson d'Océan – , la goutte — salut du matelot – et du feu – phare des naufragés.

Je me rejette dans le livre que j'avais caché entre ma chemise et ma peau, et je le dévore – avec un peu de thon, des larmes de cognac – devant la flamme de la cheminée.

Il me semble que je suis dans une cabine ou une cabane, et qu'il y a dix ans que j'ai quitté le collège; j'ai peut-être les cheveux gris, en tout cas le teint hâlé. – Que sont devenus mes vieux parents? Ils sont morts sans avoir eu la joie d'embrasser leur enfant perdu? (C'était l'occasion pourtant, puisqu'ils ne l'embrassaient jamais auparavant.) O ma mère! ma mère!

Je dis : « ô ma mère ! » sans y penser beaucoup, c'est pour faire comme dans les livres. Et j'ajoute : « Quand vous reverrai-je? Vous revoir et mourir ! »

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10
Задание 15 № 787

Dans quelle catégorie a-t-on classé Plectrude après avoir pris son poids et sa taille?

 

1) On l’a qualifiée de la plus belle.

2) On l’a appelée «grosse vache».

3) On l’a trouvée «maigre».

4) Elle a été nommée «normale».


Les petits rats

 

Plectrude décida d’entrer à l’école de ballet de l’Opéra de Paris. L'habituelle école de danse de la fillette se montra enthousiaste:

— Nous espérions que vous prendriez une telle décision! Elle est faite pour ça! On lui écrivit des lettres de recommandation où l'on parlait d'elle comme de la future Pavlova.

Elle fut convoquée par l'Opéra afin de passer un examen. Le coeur de Clémence battait encore plus fort que celui de la petite quand elles arrivèrent à l'école des petits rats. Deux semaines plus tard, Plectrude reçut sa lettre d'admission. Ce fut le plus beau jour de la vie de sa mère.

Le collège entier savait pourquoi elle partait et s'en enorgueillissait. Même les professeurs dont Plectrude avait été le cauchemar déclaraient qu'ils avaient toujours senti le «génie» de cette enfant. Les pions vantaient sa grâce, les dames de la cantine louangeaient son manque d'appétit, le professeur d'éducation physique évoquait sa souplesse et la finesse de ses muscles; le comble fut atteint quand ceux des élèves qui n'avaient jamais cessé de la haïr depuis le cours préparatoire se flattèrent d'être ses amis.

Cet été-là, ils ne partirent pas en vacances: l'école des rats coûtait cher. A l'appartement, le téléphone sonnait sans cesse: c'était un voisin, un oncle, un camarade, un collègue, qui voulait venir voir le phénomène.

— Et elle est belle, en plus! s'exclamaient-ils à sa vue.

Elle attendait la rentrée comme une libération. Ce fut un emprisonnement.

Plectrude avait toujours été la plus mince de tous les groupements humains dans lesquels elle s'était aventurée. Ici, elle faisait partie des «normales». Celles qu'on qualifiait de minces eussent été appelées squelettiques en dehors du pensionnat. Quant à celles qui, dans le monde extérieur, eussent été trouvées de proportions ordinaires, elles étaient en ces murs traitées de «grosses vaches».

Le premier jour fut digne d'une boucherie. Une espèce de maigre et vieille charcutière vint passer en revue les élèves comme si elles avaient été des morceaux de viande. Elle les sépara en trois catégories à qui elle tint ces discours:

— Les minces, c'est bien, continuez comme ça. Les normales, ça va, mais je vous ai à l'oeil. Les grosses vaches, soit vous maigrissez, soit vous partez: il n'y a pas de place ici pour vous.

Ensuite, on mesura et pesa les jeunes morceaux de viande. Plectrude, qui aurait treize ans un mois plus tard, mesurait un mètre cinquante-cinq et pesait quarante kilos, ce qui était peu, surtout compte tenu du fait qu'elle était tout en muscles, comme une danseuse qui se respecte; on ne lui en signifia pas moins que c'était un «maximum à ne pas dépasser».

C'était peu dire qu'en ces murs régnait une discipline de fer. L'entraînement commençait tôt le matin et se terminait tard le soir, avec d'insignifiantes interruptions pour un repas qui ne méritait pas ce nom et pour une plage d'études pendant laquelle les élèves savouraient si profondément le repos du corps qu'elles en oubliaient l'effort intellectuel requis. Les corps étaient tellement exténués par les heures interminables d'exercices que l'obsession était simplement de s'asseoir. Les moments où l'on n'employait pas ses muscles étaient vécus comme des miracles.

D’après Amélie Nothomb «Robert des noms propres»
Источник: ЕГЭ по фран­цуз­ско­му языку 24.04.2014. До­сроч­ная волна. Ва­ри­ант 1.
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11
Задание 15 № 833

Pourquoi Plectrude n’a-t-elle pas quitté l’école?

 

1) Elle savait que sa mère le lui reprocherait.

2) Elle a décidé de devenir une grande danseuse.

3) Elle a eu honte de partir.

4) Les professeurs le lui ont interdit.


A l’école de ballet

 

Dès le lever, Plectrude attendait le coucher. L'instant où l'on confiait au lit sa carcasse douloureuse de fatigue pour l'y abandonner pendant la nuit était si voluptueux qu'on ne parvenait pas à penser à autre chose. C'était la seule détente des fillettes; les repas, à l'opposé, étaient des moments d'angoisse. Les professeurs avaient tant diabolisé la nourriture qu'elle en paraissait alléchante, si médiocre fûtelle. Les enfants l'appréhendaient avec terreur, dégoûtées du désir qu'elle suscitait. Une bouchée avalée était une bouchée de trop. Très vite, Plectrude se posa des questions. Elle était venue dans cet établissement pour y devenir une danseuse, pas pour y perdre le goût de vivre au point de ne pas avoir d'idéal plus élevé que le sommeil. Ici, elle travaillait la danse du matin au soir, sans avoir le sentiment de danser: elle était comme un écrivain forcé de ne pas écrire et d'étudier la grammaire sans discontinuer. Certes, la grammaire est essentielle, mais seulement en vue de l'écriture: privée de son but, elle est un code stérile. Plectrude ne s'était jamais sentie aussi peu danseuse que depuis son arrivée à l'école des petits rats. Dans le cours de ballet qu'elle avait fréquenté les années précédentes, il y avait place pour de petites chorégraphies. Ici, on faisait des exercices, point final. La barre finissait par évoquer les galères.

Cette perplexité semblait partagée par beaucoup d'élèves. Aucune n'en parlait et, cependant, on sentait le découragement se répandre parmi les enfants.

Il y eut des abandons. Ils semblaient avoir été espérés par les autorités. Ces défections en entraînaient d'autres. Ce dégraissage spontané enchantait les maîtres et meurtrissait Plectrude, pour qui chaque départ équivalait à une mort.

Ce qui devait arriver arriva: elle fut tentée de partir. Ce qui l'en empêcha fut la sourde impression que sa mère le lui reprocherait et que même ses excellentes explications ne serviraient à rien.

Sans doute les chefs de l'école attendaient-ils l'abandon d'une liste déterminée de personnes car, du jour au lendemain, leur attitude changea. Les élèves furent convoquées dans une salle plus grande que d'habitude, où on leur tint d'abord ce langage:

— Vous avez dû observer, ces derniers temps, de nombreux départs. Nous n'irons pas jusqu'à dire que nous les avons délibérément provoqués, nous n'aurons cependant pas l'hypocrisie de les regretter.

Il y eut un silence, sans doute dans le seul but de mettre les enfants mal à l’aise.

— Celles qui sont parties ont prouvé qu'elles n'avaient pas vraiment envie de danser; plus exactement, elles ont montré qu'elles n'avaient pas la patience nécessaire à une danseuse véritable. Savez-vous ce que certaines de ces filles ont déclaré, en annonçant leur abandon? Qu'elles étaient venues pour danser et qu'ici, on ne dansait pas. Qu'est-ce qu'elles s'imaginaient, celles-là? Qu'après- demain, elles nous interpréteraient «Le Lac des cygnes»?

— Danser, cela se mérite. Danser, danser sur une scène devant un public, est le plus grand bonheur du monde. A dire vrai, même sans public, même sans scène, danser est l'ivresse absolue. Une joie si profonde justifie les sacrifices les plus cruels. L'éducation que nous vous donnons ici tend à présenter la danse pour ce qu'elle est: non pas le moyen, mais la récompense. Huit heures à la barre par jour et un régime de famine, cela ne paraîtra dur qu'à celles qui n'ont pas assez envie de danser. Alors, que celles qui veulent encore partir partent!

D’après Amélie Nothomb «Robert des noms propres»
Источник: ЕГЭ по фран­цуз­ско­му языку 24.04.2014. До­сроч­ная волна. Ва­ри­ант 2.
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12
Задание 15 № 1248

Quelle est l’attitude de ces gens envers Napoléon?

 

1) Ils l’admirent.

2) Ils le détestent.

3) Ils se moquent de lui.

4) Ils sont complètement indifférents.


Un anniversaire

 

Aujourd’hui j’ai fêté mes soixante-cinq ans. Fêter convient mal à l’atmosphère de la réunion qui s’est tenue dans ma chambre, avec quelques personnes de mon âge, des Français exilés, rescapés comme moi de l’effondrement de ce monde qu’on nomme «l’Ancien Régime». Après une promenade dans les rues enneigées, mes fidèles amis sont arrivés tout mouillés, puisque hélas! la nécessité de

se servir d’une canne exclut l’usage du parapluie. C’est le moindre des malheurs de la vieillesse! J’ai mis à sécher devant la cheminée leurs habits trempés. Les dames se sont recoiffées, remaquillées, et l’on m’a offert mes cadeaux: des fleurs en soie sauvage, un éventail et une minuscule boîte ovale. J’ai gardé sur mes genoux les fleurs et l’éventail tandis que nous buvions du café et mangions des pâtisseries.

Comme d’habitude, et à l’unisson avec toute l’Europe, nous avons parlé de Napoléon, haineusement certes, mais d’une haine mesurée, à la différence de celle, véritablement enragée, qui anime une grande partie de la société viennoise dont nous faisons partie maintenant.

Auprès du feu, nous formions un demi-cercle. Nous étions presque coude à coude tant nos fauteuils étaient rapprochés. On se rappelait nos distractions des autres jours, les danses, les jeux aux cartes, les chansons qu’on chantait chaque soir. Comme nous parlions du malheur de survivre parmi des décombres, «survivre, c’est quand même vivre», a dit une amie; mais elle prononça les mots si bas qu’il était difficile d’y croire…

C’était à peine la fin de l’après-midi, il faisait presque nuit. Il était temps pour mes invités de rentrer chez eux. Et c’est alors que, dans la cour, un groupe d’écoliers est venu chanter. Leurs voix étaient extraordinairement claires. Puis ils ont commencé à patiner sur la glace. J'étais contente de les voir en ne sachant pourquoi...

A nouveau seule, je me suis plongée dans les souvenirs.

J’ai demeuré onze ans en ce château, «en ce pays-ci», comme on disait pour désigner la Cour, sans jamais m’y habituer mais en incorporant comme une nécessité vitale son étrangeté. Onze ans… lorsque j’y pense maintenant, cela me semble très loin, étant donné ce qui me sépare de cette époque: le trait de sang de la Révolution. Mais aussi très proche, sans doute parce que la vie là-bas ne ressemblait à rien d’autre. Le temps, purement cérémonial, y passait autrement, selon des repères singuliers.

Sa vraie division n’était pas en termes d’années, ni de mois, ni même de semaines, mais de journées. À Versailles, les jours se suivaient, identiques. C’était, dans l’absolu, la Règle. Mais la réalité ne cessait d’y apporter des obstacles. La répétition n’était jamais complètement réussie. Nous étions condamnés au déclin. La vie à Versailles ne pouvait aller qu’en se dégradant… De minces modifications en anicroches, de réformes en bouleversements, on aboutit ainsi à ces journées de juillet 1789, qui virent la capitulation du Roi et la dispersion de la Cour, mon départ indésirable – l’effondrement, en moins d’une semaine, d’un ensemble de rites que j’avais cru définitifs. À Versailles, les jours se suivaient et se ressemblaient. C’était la Règle et j’y croyais jusqu'à mon dernier jour en France. C'était comme ça, à Versailles.

D'après Chantal Thomas
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13
Задание 15 № 1291

Dans ces lettres qu’elle envoyait au front, Lucie parlait...

 

1) de ses plans pour le futur.

2) du travail et de son amour.

3) de ses loisirs et de ses sentiments.

4) de son envie de revenir à la maison.


Une très courte histoire

 

Par une soirée brûlante, à Padoue, on le transporta sur le toit d’où il pouvait découvrir toute la ville. Des oiseaux rayaient le ciel. La nuit tomba et les projecteurs s’allumèrent. Lucie et lui les entendaient en dessous, sur le balcon. Lucie s’assit sur

le lit.

Lucie avait pris les fonctions de sage-femme dans l’hôpital pour rester avec lui. Quand on l’opéra, elle lui fit sa toilette pour la table d’opération. Ils plaisantèrent. Quand on l’endormit, il se concentra pour ne rien dire au moment ridicule où on raconte des histoires. Quand il put marcher avec des béquilles, il commença à prendre lui-même les températures pour éviter à Lucie de se lever. Il n’y avait que quelques malades; tous étaient au courant de leur amour et tous aimaient bien Lucie.

Avant son retour au front, ils allèrent prier au Duomo. Dans l’église sombre et paisible, d’autres personnes étaient agenouillées. Ils voulaient se marier, mais ni l’un ni l’autre n’avaient d’extrait de naissance. Ils se considéraient eux-mêmes comme mariés, mais ils voulaient que tout le monde le sache, pour être plus sûrs de ne pas se perdre.

Lucie lui écrivit beaucoup de lettres qu’il ne reçut qu’après l’armistice. Quinze arrivèrent en paquet au front; il les classa d’après les dates et les lut à la file. Elles parlaient toutes de l’hôpital, disaient combien elle l’aimait, comme c’était impossible de vivre sans lui et comme il lui manquait affreusement. Après l’armistice, ils décidèrent qu’il devait rentrer en Amérique et trouver du travail pour qu’ils puissent se marier. Lucie ne le rejoindrait que lorsqu’il aurait une bonne situation et pourrait venir la chercher. Il était entendu qu’il ne boirait pas et ne verrait ni ses amis ni personne aux États-Unis. Trouver une situation et se marier.

Rien d’autre. Dans le train, de Padoue à Milan, ils se chamaillèrent parce qu’elle était sur le point de partir pour l’Amérique sans attendre. Au moment de se séparer à la gare de Milan, ils s’embrassèrent mais leur querelle n’était pas éteinte. Il était

malade de la quitter comme ça.

Il embarqua pour l’Amérique à Gênes. Lucie retourna à Padoue où allait s’ouvrir un hôpital. C’était un endroit isolé et pluvieux. Un bataillon s’y trouvait cantonné. L’hiver, dans la petite ville bourbeuse et humide, un major fit la cour à Lucie; elle n’avait encore jamais connu d’Italiens. Finalement, elle écrivit aux États-Unis que leur liaison n’avait été qu’une aventure de gamins. Elle était désolée, elle savait qu’il ne comprendrait probablement pas, mais peut-être un jour lui pardonnerait-il et lui serait-il reconnaissant... Contre toute attente, elle allait se marier au printemps. Elle l’aimait toujours, mais elle s’était rendu compte que ça n’avait été qu’une amourette. Elle espérait qu’il ferait une brillante carrière et lui faisait entière confiance. Elle savait que c’était très bien ainsi.

Le major ne l’épousa ni au printemps ni à aucune autre saison. Lucie ne reçut jamais de réponse de Chicago. Elle revint en Amérique mais ne put jamais retrouver son ancien ami. Elle le chercha jusqu'à la trentaine, puis se maria avec un autre.

 

D’après Ernest Hemingway

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14
Задание 15 № 1335

Comment les instituteurs prennent-ils d’habitude la surveillance à la récréation ? Ils la considèrent comme …

 

1) une possibilité de téléphoner et de parler.

2) un moment ennuyeux, sans intérêt.

3) une distraction.

4) une pause pour manger.


A la récréation

 

– Maîtresse, le grand là-bas, il m’a dit dégage de là et il m’a poussé!

Il fait froid, j’ai envie de m’asseoir sur le banc avec ma tasse de café. Lundi matin, c’est mon tour de surveillance à la récré. Je ne réagis pas tout de suite au problème d’Amaury, espérant inconsciemment qu’il s’éloigne.

– Maîtresse, Dominique, c’est le grand là-bas, avec le manteau noir. Il n’a pas du tout l’intention de lâcher prise … Bon, je scrute l’horizon à la recherche du malfaiteur et, une fois décomptés cinq manteaux de la même teinte, je reviens à Amaury aux sourcils toujours froncés. Du haut de ses six ans il n’entend pas se laisser faire.

– Dis-lui de venir me voir tout de suite. Je vais tout arranger. Ce n’est pas grave.

Amaury part en trombe vers son agresseur et tel un chien en arrêt s’immobilise face à un CM1 de trois têtes de plus que lui, qui me jette un regard agacé. D’un mouvement de la main, je lui confirme qu’il est attendu … Il arrive en traînant les pieds et se plante devant moi qui prends un air sévère. Je ne vais pas perdre dix minutes à régler cette affaire.

– Tu as dit à Amaury de dégager et tu l’as poussé. Je peux avoir des explications, s’il te plaît?

Jules bombe le torse, hausse la voix, transpire et se met à faire des moulinets avec les bras.

– Mais les p’tits ils sont chiants aussi, ils nous prennent le terrain de foot alors que c’est pas leur jour!

Je force un peu le trait de la maîtresse-offusquée- par-les-gros-mots, le genre instit de La Petite Maison dans la prairie:

– Alors d’abord on ne dit pas chiant ici. Ensuite le terrain de foot n’a aucune délimitation, il me semble que tu es suffisamment intelligent pour comprendre qu’un enfant de CP puisse oublier que le lundi c’est le jour des grands. Il suffit de lui rappeler NOR-MA-LE-MENT! Il ne faut pas le pousser! Tu comprends?

Bien détacher les syllabes, ça marche bien ça, c’est assez efficace. Jules sait que s’il veut retourner à sa partie il a tout intérêt à baisser sa garde. De mauvaise grâce il change de posture.

– Excuse-toi tout de suite. Dis: Pardon Amaury. Je ne te pousserai plus.

– Pardon, Amaury. Je ne te pousserai plus.

– Allez, filez maintenant. Jouez ensemble. Il reste un petit quart d’heure.

Fin de la première intervention. En vingt minutes de récréation il faut se préparer à une dizaine de petits faits de ce genre, sans compter les bobos aux genoux, les bosses au front, les ventres malades.

Et il en pleut des «maîtresse il m’a dit ci», «maîtresse il m’a fait ça». Les petits, les grands, les garçons qui se bagarrent «c’est lui qui a commencé», les filles qui se disputent «t’es plus ma copine», etc. Une vraie foire. Pour la plupart des instits, la récréation est un moment dénué d’intérêt, synonyme de surveillance ennuyeuse ou, mieux, l’occasion de passer un moment tranquille dans sa classe. Pourtant, c’est un événement clé dans la journée, un lieu passionnant d’observation. Dans cet espace clos se déroulent le pire comme le meilleur. Les enfants y recréent une microsociété avec des règles qu’ils ont plus ou moins inventées. Ils trouvent des coins reculés pour échapper à la surveillance des adultes, quitte à se servir des toilettes comme repaire. Je me souviens, enfant, d’y avoir vu ma soeur embrasser un garçon. L’un et l’autre avaient à peine dix ans … Dès la maternelle, les petits s’approprient la cour à leur façon, y élaborent leurs relations, façonnent leurs amitiés, élisent des endroits préférés, choisissent des jeux à la mode.

 

Dominique Deconinck «Le bonheur à l’école»
Источник: ЕГЭ 05.05.2015. Досрочная волна.
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Задание 15 № 1375

Comment était le cadeau de Thibaut?

 

1) C’était un pot de fleurs avec une surprise sous la surface de la terre.

2) Le jeune homme a fait cadeau d’un gros sac à dos.

3) Thibaut a apporté une photo de sa famille.

4) L’ami de Laure a offert un gros bouquet de fleurs à sa mère.


Une bonne nouvelle

Cette amazone casquée, perchée sur sa moto avec un gros sac à dos, c'est ma fille, c'est Laure! La pluie tombe depuis un moment, traversée par les brusques bouffées d'un vent chasseur qui me rend mon enfance, ma Bretagne.

Comme Laure arrive en bas de la maison, elle lève les yeux pour voir s'il y a de la lumière. Ils ont toujours fait ça, les enfants, en revenant de l’école, du lycée, de l'université; vérifier que c’était allumé, qu'il y avait bien quelqu'un.

Laure est l’aînée: vingt-quatre ans, deux de plus qu'Olivier. «La petite bombe», l'a surnommée son père. Menue, rondelette, elle a toujours fait preuve d’une volonté de fer et d'un optimisme à tout casser, mélange parfois explosif, en effet. Elle a les cheveux blonds et les yeux bleus.

Regard vert, tignasse brune, 45 de pointure, c'est le petit-grand frère, de mes deux enfants le plus vulnérable. Laure l’a toujours protégé. Lorsqu'il a décidé d’abandonner ses études de droit pour se consacrer au théâtre et qu’il a quitté la maison, quand Matthieu lui a annoncé qu’il devrait désormais se débrouiller seul, elle l’a défendu. Le physique d’Olivier plaît; il s'en tire à peu près grâce à de la publicité pour la télévision.

Le couvert est mis. Tout est prêt. En attendant, nous prenons l'apéritif au salon.

– Voilà Papa!

Une clé tourne dans la serrure. Matthieu apparaît à la porte.

– Quelqu’un d’autre au programme?

– Oui, Thibaut!

Thibaut est arrivé, portant cérémonieusement un pot de fleurs … sans fleur. On ne voyait, à la surface de la terre, qu'un fin tapis de cailloux blancs.

– La surprise est dessous, a-t-il déclaré en me l'offrant. Si tout se passe bien, elle devrait s’épanouir en avril. Elle réclame un climat tempéré, quelques gouttes d'eau minérale chaque jour et de douces paroles.

Les yeux de Thibaut m'ont souri derrière les larges lunettes. Je me sentais une grande tendresse pour lui; son cadeau lui ressemblait.

Le dîner a été animé. Olivier est arrivé au fromage.

– Si cela ne vous ennuie pas trop, soyez à la maison samedi à onze heures, a déclaré notre fille du ton neutre.

– Ah bon, et pourquoi ça? a demandé Matthieu distraitement.

– Eh bien, parce que les parents du jeune garçon plein d'avenir que vous voyez à votre table viendront vous rendre visite, a poursuivi Laure en désignant Thibaut.

– Veux-tu dire …

– Que nous nous marions? Eh oui, a soupiré Laure. L’atavisme, vous savez ce que c'est!

Le visage radieux, Laure racontait: ses futurs beaux-parents vivaient en Anjou, dans le petit château de famille: «Montplaisir», depuis que M. de Marcey avait pris sa retraite. Thibaut avait trois soeurs et un frère aîné, tous mariés. Le concubinage n'étant pas le genre de la famille – alors là, pas du tout! Bref, on veut un vrai mariage, une grande fête avec tout le monde, des tas de cadeaux!

– C'est plutôt une bonne nouvelle, tu ne trouves pas, atthieu?

– Bien sûr que si! Mais ils ont une façon de vous les assener, leurs bonnes nouvelles!

Dans le salon, on a entendu le rire des enfants. A genoux sur la moquette, Laure fouillait dans le tiroir aux photos.

– Enfin, je l'ai! s'est exclamée Laure.

Elle m'a mis sous le nez la photo qu'elle cherchait. C’est le printemps. On le voit aux aiguilles d’or des genêts, aux frênes en fleur, à une certaine tendresse de la lumière sur le pourpre des pivoines. Au coeur d’une pelouse, une jeune femme en tulle blanc sourit à un jeune homme en jaquette, l'air un peu guindé. Telle mère, telle fille, a déclaré Laure. Je me marierai à l’Auberge, comme toi.

D’après Janine Boissard «La Reconquête»

Источник: Де­мон­стра­ци­он­ная вер­сия ЕГЭ—2016 по фран­цуз­ско­му языку.
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16
Задание 15 № 1428

La comtesse a commencé par poser des questions concernant...

 

1) Poël.

2) le général.

3) le gouverneur.

4) le prisonnier de Munckholm.


Une visite inattendue

 

Le matin, le gouverneur de Drontheim ordonna qu’on attelât sa voiture de voyage, espérant partir pendant que la comtesse d’Ahlefeld dormirait encore ; mais nous avons déjà dit que le sommeil de la comtesse était léger.

Le général venait de signer les dernières recommandations qu’il adressait à l’évêque, aux mains duquel le gouvernement devait être remis par intérim.

Il se levait, après avoir endossé sa redingote fourrée, pour sortir, quand l’huissier annonça la noble chancelière.

Ce contretemps déconcerta le vieux soldat, accoutumé à rire devant la mitraille de cent canons, mais non devant les artifices d’une femme. Il fit néanmoins d’assez bonne grâce ses adieux à la méchante comtesse, et ne laissa percer quelque humeur sur son visage que lorsqu’il la vit se pencher vers son oreille avec cet air astucieux qui voulait seulement paraître confidentiel.

– Eh bien, noble général, que vous a-t-il dit ?

– Qui ? Poël ? il m’a dit que la voiture allait être prête.

– Je vous parle du prisonnier de Munckholm, général.

– Ah !

– A-t-il répondu à votre interrogatoire d’une manière satisfaisante?

– Mais… oui vraiment, dame comtesse, dit le gouverneur, dont on devine l’embarras.

– Avez-vous la preuve qu’il ait trempé dans le complot des mineurs?

Une exclamation échappa à Levin.

– Noble dame, il est innocent!

Il s’arrêta tout court, car il venait d’exprimer une conviction de son coeur, et non de son esprit.

– Il est innocent ! répéta la comtesse d’un air consterné, quoique incrédule; car elle tremblait qu’en effet Schumacker n’eût démontré au général cette innocence qu’il était si important aux intérêts du grand-chancelier de noircir.

Le gouverneur avait eu le temps de réfléchir ; il répondit à l’insistance de la grande-chancelière d’un ton de voix qui la rassura, parce qu’il décelait le doute et le trouble:

– Innocent… Oui, si vous voulez…

– Si je veux, seigneur général !

Et la méchante femme éclata de rire.

Ce rire blessa le gouverneur.

– Noble comtesse, dit-il, vous permettrez que je ne rende compte de mon travail, c'est-à-dire mon entretien avec l’ex-grand-chancelier, qu’au vice-roi.

Alors il salua profondément, et descendit dans la cour où l’attendait sa voiture.

– Oui, se disait la comtesse d’Ahlefeld rentrée dans ses appartements, pars, chevalier errant, que ton absence nous délivre du protecteur de nos ennemis. Va, ton départ est le signal du retour de mon Frédéric, maintenant, quand tu n'es pas là, il peut revenir...

À cette pensée, elle s’adressa à sa suivante favorite.

– Ma chère Lisbeth, vous ferez venir de Berghen deux douzaines de ces petits peignes que nos élégants portent dans leurs cheveux; vous vous informerez du nouveau roman de la fameuse Scudéry, et vous veillerez à ce qu’on lave régulièrement tous les matins dans l’eau de rose la guenon de mon cher Frédéric.

– Quoi ! ma gracieuse maîtresse, demanda Lisbeth, est-ce que le seigneur Frédéric peut revenir?

– Oui, vraiment ; et, pour qu’il ait quelque plaisir à me revoir, il faut faire tout ce qu’il demande ; je veux lui ménager une surprise à son retour.

 

D’après V. Hugo "Han d'Islande"

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17
Задание 15 № 1472

Pourquoi le dîner avec le chef était-il important pour Alain?

 

1) Il voulait présenter Sophie à son chef.

2) Il avait envie d’obtenir un poste aux Etats-Unis.

3) Il désirait coordonner le planning de travail avec son chef.

4) Il pensait parler à son chef des projets du développement de leur firme.


Le veau Marengo

 

Chez mes parents, la nourriture a toujours été un tabou.

Ma mère, qui travaillait comme mannequin chez Dior, méprisait les plaisirs de la bouche. Les arts de la table n’avaient pas droit de cité dans sa vie. Manger signifiait pour elle grossir et perdre son gagne-pain … Car, en plus de faire engraisser, aux yeux de ma mère, manger n’était rien d’autre qu’une perte de temps.

Mon père suivait ma mère sur ce terrain pour d’autres raisons. Lui ne s’intéressait qu’aux abstractions. Les chiffres et les idées. Il était professeur de mathématiques, passionné par ses formules. On pouvait lui faire avaler n’importe quoi. Il trouvait appétissante une vieille tranche de jambon et se contentait volontiers d’une soupe en sachet ou d’un foie de morue en boîte.

Résultat: je ne sais rien faire dans une cuisine. Durant mes études, je n’ai guère progressé dans la voie de la gastronomie. Je suis devenue ethnologue et mes voyages parmi les tribus de l’Amazonie m’ont appris à me contenter de peu.

Mais le destin me réservait des surprises. Ma rencontre avec un garçon du Sud-Ouest, héritier d’une longue tradition culinaire, l’entrée dans ma vie de sa mère et de ses cinq soeurs, toutes obsédées par la qualité des repas qu’elles concoctaient, les heures interminables passées autour d’une table à s’échanger des recettes … Alain, mon prétendant, passait pour le meilleur chef dans cette tribu de cuisinières.

Quand il annonça notre mariage à sa mère et ses soeurs, le verdict fut immédiat et sans appel:

– Sophie te rendra peut-être heureux, mais … Mon pauvre chéri, avec elle, tu ne vas manger que des nouilles toute ta vie!

Un jour, le directeur américain de la boîte d’import-export alimentaire où Alain travaillait, vint en France et nous invita à dîner au restaurant de son hôtel. Pour nous, la soirée était d’une importance capitale. Alain désirait obtenir un poste au siège et habiter quelques années aux États-Unis.

Nous voilà donc assis dans l’un des temples de la gastronomie parisienne. À mes yeux, à mes narines, à mon palais, tout semble savoureux. Et je lis dans les yeux d’Alain que je ne me trompe pas: lui aussi trouve tout dé-li-cieux!

Seul bémol à notre plaisir: le grand patron d’Alain critique tout. La qualité du pain, la couleur du poivre, la taille des grains de sel … Et, à l’entendre, nos chefs cuisiniers ont une réputation usurpée. La soirée devient difficile et notre hôte … pénible. Tout à coup j’entends mon mari dire:

– Vous savez toutefois, Monsieur, que vous êtes assis à côté de la meilleure cuisinière de tout Paris?

Je comprends immédiatement que mon mari veut changer le sujet de conversation et le suis sur ce terrain en minaudant:

– Oh, tu exagères un peu, Alain … Je me débrouille.

– Vous voyez comment elle est? Trop modeste! Tu devrais donner à M. Neff le secret de ton «veau Marengo» …

Pourquoi Alain me parle-t-il de veau Marengo? Je ne sais même pas ce que c’est! Mais je ris et dis n’importe quoi.

– Le problème du veau Marengo reste, comme toujours, celui de la provenance de la viande. Ainsi que le choix du couteau pour découper les morceaux.

Je délire complètement. J’ajoute, que dans le veau Marengo, il faut absolument mettre du sucre dans les premières minutes, puis du miel uelques secondes plus tard, de la gelée de coing au bout d’une heure, et surtout, surtout de la cardamome au moment de servir.

M. Neff boit mes paroles. Il est charmé par mes connaissances techniques et conclut le repas en disant que je dois absolument rencontrer sa femme qui est, elle aussi, un très grand chef cuisinier aux Etats-Unis.

Nous sortons, écroulés de rire. Mais ce que nous prenons pour un canular va déboucher sur l’impensable: Alain est nommé au siège et nous partons pour Austin, Texas.

 

Alexandra Lapierre «Nulle, nullissime en cuisine!»

Источник: ЕГЭ по французскому языку 08.04.2016. До­сроч­ная волна
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18
Задание 15 № 1520

Comment le garçon joue-il avec son chien?

 

1) Lui et le chien regardent ensemble la télé.

2) Il essaye de manger dans la gamelle du chien.

3) Lui et le chien passent des heures à se poursuivre dans le salon et dans l’escalier.

4) Il adore jouer avec la queue de son chien.


Mes amis

 

Il y a quelque temps, j’ai trouvé un petit chat près de la porte de ma maison. Il mourait de faim, de froid et de peur. A ma plus grande surprise mes parents étaient d’accord de le garder. Je l’ai appelé Flocon.

Le soir, en général, quand je rentre, je trouve mon jeune frère, Lucas, en train de jouer avec notre chien, Zoltan. C’est Lucas qui a choisi ce nom – sûrement pioché dans une de ses BD de super-héros. Avec un nom pareil, on s’attend à ce que ce gentil chien ait des lasers dans les pattes ou une vision à rayons X, mais ses seuls superpouvoirs révélés à ce jour sont ceux de renverser les poubelles pour les fouiller ou de rester des heures à regarder le frigo en espérant qu’une fée viendra lui ouvrir la porte pour lui permettre d’avaler tout le contenu.

Lucas et Zoltan passent des heures à se poursuivre dans le salon, autour du canapé – sur le canapé quand les parents ne sont pas là – et dans l’escalier qui monte aux chambres. Je n’ai que trois ans d’écart avec Lucas, un monde nous sépare. Par exemple, il mange n’importe quoi, il s’habille n’importe comment et il rigole pour des trucs affligeants. Parfois, les trois se cumulent, et ça donne quelque chose de sidérant: il est devant la télé, à rire comme un débile, en mangeant des demi-plaques de chocolat tartinées de beurre, avec son t-shirt à l’envers.

Flocon s’est vite habitué et il a commencé à jouer, mais le plus curieux, c’est qu’il s’amusait avec Zoltan … Le chien l’a très vite adopté. Au début, le chaton escaladait le chien pour lui mordiller les oreilles ou le gratter. Un vrai tapis d’éveil. Flocon adorait aussi jouer avec la queue de Zoltan, qui se prêtait de bonne grâce au manège. Et puis tout à coup, le chaton épuisé s’endormait contre son grand copain. Zoltan ne bougeait pas, prenant un soin touchant de la petite boule de poils. Puis le petit a commencé à se faufiler en cavalant sous les chaises, pendant que le gros le poursuivait en les faisant voler. À Noël, le sapin a plusieurs fois failli tomber à cause d’eux, le jeune se cachant en dessous pendant que le gros balourd tentait l’impossible pour le chasser.

Ils sont devenus inséparables. Maintenant, le soir, le chat s’endort entre les pattes du chien. Zoltan laisse même le chaton manger dans sa gamelle, alors qu’il grogne quand c’est Lucas qui essaye – et je vous jure que mon frère tente régulièrement. Le truc étonnant, c’est que le chat grandit avec pour seul modèle le chien. Du coup, Flocon développe certains comportements qui ne sont pas forcément ceux de son espèce … Il miaule comme le chien aboie lorsque quelqu’un sonne, et il a tendance à aller chercher ce qu’on lui jette pour jouer. Voir le petit essayer d’imiter le grand est un spectacle génial. Par moments, on se retrouve avec Lucas à les regarder s’amuser tous les deux. M. Fréteau, un de mes anciens profs de français, dit que la méthode d’éducation la plus puissante, c’est l’exemple. Ce qui se passe à la maison semble lui donner raison. Flocon est en train de prendre des habitudes de chien. Je redoute un peu le résultat … Surtout avec Lucas comme guide spirituel. Je vois Flocon, assis sur son petit derrière, qui se tord la tête pour regarder bien au-dessus de lui son modèle canin. Il est si petit, si mignon aux pieds de l’autre si grand … Flocon ne se demande pas s’ils sont de la même espèce. Ils vivent ensemble, c’est tout. Flocon croit-il qu’il deviendra aussi grand que Zoltan? Va- t-il lui aussi prendre l’habitude de s’endormir dans le canapé sur le dos, en espérant des grattouilles sur le ventre? Je me demande.

 

 

D’après Gilles Legardinier «Et soudain tout change»

Источник: Де­мон­стра­ци­он­ная вер­сия ЕГЭ—2017 по фран­цуз­ско­му языку.

19
Задание 15 № 1608

Quelle était la priorité de l’éducation des enfants chez les Poirier?

 

1) L’autonomie des enfants et l’épanouissement de leur personnalité.

2) Le développement des goûts des enfants.

3) La discipline stricte et l’autorité des parents.

4) La responsabilité des actes commis.


Le revers d’un reportage

Je n’ai pas encore évoqué le documentaire qui fut diffusé sur la première chaîne de l’ORTF en février 1969. Grâce à différentes aides, j’ai pu le retrouver, puis le transférer sur DVD. Lorsque j’ai obtenu les mots de passe qui m’ont permis de visionner ce film pour la première fois, il m’a fallu plusieurs jours pour le regarder. Je voulais être seule face à mon ordinateur. Parmi les documents que j’ai retrouvés au cours de mes recherches, ce reportage figure sans aucun doute parmi ceux qui m’ont le plus bouleversée.

Le reportage s’ouvre sur l’image du premier palier de la maison de Versailles. Le commentaire présente un à un les membres de la famille, sur le ton un peu affecté des documentaires de l’époque, tandis que les images les montrent chacun à leur tour. Après on découvre les Poirier réunis autour de la grande table de la salle à manger. La conversation est animée, tout le monde rit. La voix off reprend: «Après des années de gêne et d’inconfort, la famille s’est installée dans une maison à Versailles. Il est rare qu’on s’ennuie dans une famille nombreuse. Mais celle-ci a reçu une éducation qui explique peut-être sa personnalité et sa fantaisie.»

Lucile, ma mère, est interviewée à plusieurs reprises, la caméra s’approche de son visage, capte en gros plan son regard, son sourire, tandis qu’elle évoque quelques souvenirs de son adolescence. De tous les enfants de Liane et Georges, c’est elle qu’on voit le plus. Elle admet qu’elle n’a jamais rien fait à l’école. Elle est d’une beauté stupéfiante, pétille d’intelligence, n’importe qui le noterait, je crois, à la vision de ce film. Quelques images me montrent enfant à côté d’elle, absorbée par un jeu. C’est moi, j’ai deux ans.

Un peu plus tard, Lucile dit: – S’il y a quelque chose que mes parents ont réussi, c’est qu’ils nous ont donné confiance en l’avenir.

Je crois qu’au moment où elle est interrogée, c’est exactement ce qu’elle ressent. Elle a peur et elle a confiance.

Le reportage donne à voir une famille joyeuse, unie, où la priorité a été donnée à l’autonomie des enfants et à l’épanouissement de leur personnalité. Lisbeth, Barthélémy, Milo, Justine et Violette sont interviewés les uns après les autres et témoignent tous de la liberté dont ils jouissent: liberté de parler, d’aller au cinéma, de décorer sa chambre comme on l’entend, de circuler et de voyager: Violette explique qu’elle prend le train seule pour aller à Paris depuis l’âge de dix ans, Lisbeth parle de ses voyages aux États-Unis et au Mexique. Tout cela est vrai. Liane, avec ce sourire irrésistible, raconte comment elle a renoncé à ses principes et combien l’éducation qu’ont reçue ses enfants est éloignée de celle qui fut la sienne, tandis que Georges explique avec de belles phrases que l’important est de savoir laisser sa progéniture quitter le nid. Les extraits des films de vacances en Espagne, inclus dans le reportage, renforcent l’image d’un bonheur parfait.

Justine, la soeur, de ma mère, a détesté ce film et, lorsque je l’ai retrouvé, c’est tout juste si elle a voulu le regarder. Elle m’a raconté plus tard dans quel état de malaise et de confusion elle s’était trouvée au moment du tournage, de quelle manière on lui avait suggéré, si ce n’est dicté, l’une des seules phrases qu’on l’entend prononcer: «Oui, mon père, c’est à la fois un papa, un ami, un ami avec qui on peut rire, on peut parler, on peut dire je crois n’importe quoi, et quand on a quelque chose à lui dire, on lui dit «est-ce que je peux déjeuner avec vous demain» et à ce moment-là on déjeune en amis.»

C’est elle qui m’a raconté aussi combien ce film avait blessé leur frère Milo, l’avait mis hors de lui, lui qui avait déballé sans retenue sa révolte et sa colère contre son père, dont il ne reste aucune trace. On ne voit Milo que quelques secondes, écrasant une cigarette et tentant d’échapper à la caméra.

D’après Delphine de Vigan «Rien ne s’oppose à la nuit»

Источник: ЕГЭ — 2017. До­сроч­ная волна по французскому языку
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20
Задание 15 № 1652

Le père d’Ordener ... qu’il se marie.

 

1) exige

2) défend

3) propose

4) doute


Une rencontre

Un homme et deux chevaux étaient entrés dans la cour du palais du gouverneur de Drontheim. Le cavalier avait quitté la selle en hochant la tête d’un air mécontent ; il se préparait à conduire les deux montures à l’écurie, lorsqu’il se sentit saisir brusquement le bras, et une voix lui cria :

– Comment ! vous voilà seul, Poël ! Et Ordener, votre maître ? où est votre maître ?

C’était le vieux général Levin de Knud, qui, de sa fenêtre, ayant vu le domestique du jeune homme et la selle vide, était descendu précipitamment et fixait sur le valet un regard plus inquiet encore que sa question.

– Excellence, dit Poël en s’inclinant profondément, mon maître n’est plus à Drontheim.

– Quoi ! Il y était donc ? Il est reparti sans voir son général, sans embrasser son vieil ami ! Et depuis quand ?

– Il est arrivé ce soir et reparti ce soir.

– Ce soir ! Ce soir ! Mais où donc s’est-il arrêté ? Où est-il allé ?

– Il a descendu au Spladgest, et s’est embarqué pour Munckholm.

– Ah ! Je le croyais aux antipodes. Mais que va-t-il faire à ce château ? Qu’allait-il faire au Spladgest ? Voilà bien mon chevalier errant ! C’est aussi un peu ma faute, pourquoi l’ai-je élevé ainsi ? J’ai voulu qu’il fût libre en dépit de son rang.

– Aussi n’est-il point esclave des étiquettes, dit Poël.

– Non, mais il l’est de ses caprices. Allons, il va sans doute revenir. Songez à vous rafraîchir, Poël.

– Dites-moi, et le visage du général prit une expression de sollicitude, ditesmoi, Poël, avez-vous beaucoup couru à droite et à gauche ?

– Mon général, nous sommes venus en droite ligne de Berghen. Mon maître était triste.

– Triste ? Que s’est-il donc passé entre lui et son père ? Ce mariage lui déplaît-il ?

– Je l’ignore. Mais on dit que sa sérénité l’exige.

– L’exige ! Vous dites, Poël, que le vice-roi l’exige ! Mais pour qu’il l’exige, il faut qu’Ordener s’y refuse.

– Je l’ignore, excellence. Il paraît triste.

– Triste ! Savez-vous comment son père l’a reçu ?

– La première fois, c’était dans le camp, près de Berghen. Sa sérénité a dit : Je ne vous vois pas souvent, mon fils. – Tant mieux pour moi, mon seigneur et père, a répondu mon maître, si vous vous en apercevez. Puis il a donné à sa sérénité des détails sur ses courses du Nord ; et sa sérénité a dit : C’est bien. Le lendemain, mon maître est revenu du palais, et a dit : On veut me marier ; mais il faut que je voie mon second père, le général Levin. – J’ai sellé les chevaux, et nous voilà.

– Vrai, mon bon Poël, dit le général d’une voix altérée, il m’a appelé son second père ?

– Oui, votre excellence.

– Malheur à moi si ce mariage le contrarie, car j’encourrai plutôt la disgrâce du roi que de m’y prêter. Mais cependant, la fille du grand-chancelier des deux royaumes !… À propos, Poël, Ordener sait-il que sa future belle-mère, la comtesse d’Ahlefeld, est ici incognito depuis hier, et que le comte y est attendu ?

– Je l’ignore, mon général.

– Oh ! se dit le vieux gouverneur, oui, il le sait, car pourquoi aurait-il battu en retraite dès son arrivée ?

Ici le général, après avoir fait un signe de bienveillance à Poël, et salué la sentinelle qui lui présentait les armes, rentra inquiet dans l’hôtel d’où il venait de sortir inquiet.

D’après V. Hugo "Han d'Islande"

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21
Задание 15 № 1696

Comment Missoui réagissait-elle au jeu?

 

1) Elle criait de peur.

2) Elle était heureuse.

3) Elle s’enfuyait.

4) Elle restait indifférente.


La chatte Missoui et les enfants

Avec les enfants, la chatte Missoui savait tout d’instinct: qu’il ne faut pas sortir les griffes sur la peau, et même à travers les vêtements, qu’il faut tout supporter des bébés et ne pas dormir sur leur tête.

Et je vis Missoui se laisser habiller d’une robe de poupée, puis d’un manteau par-dessus, le tout boutonné du bas jusqu’en haut, le col bien serré autour du cou, avec par-dessus le marché un bonnet. Je revois encore son regard si doux et résigné sous le bord en tricot du bonnet, au ras de ses sourcils – «Tu vois ce qu’il me fait?».

Supporter cela, pour un chat, c’est déjà beaucoup. Mon fils, ensuite, l’asseyait dans une petite poussette pour poupée appartenant à sa soeur – donc tout à fait de la taille d’un chat – et il se lançait à fond de train dans l’appartement, passant au ras des tables, exécutant un virage au fond du salon, puis un slalom entre les chaises, avant d’atteindre la vitesse maximum dans la ligne droite du couloir, tout en faisant avec sa bouche le bruit des voitures de course. Avant de voir réapparaître la course folle, je supposais toujours que la chatte avait sauté en marche. Pas du tout. L’ensemble de l’équipage réapparaissait, y compris la chatte, toujours assise avec son bonnet sur la tête et son beau regard me prenait à témoin au passage, ou au beau milieu d’un virage où elle manquait verser. Elle tournait un peu la tête vers moi, gênée par son col trop serré, l’air de dire encore: «Tu vois ce qu’il me fait?» Mais je laissais faire, car on voyait très bien qu’elle était heureuse. Mon fils organisait les incroyables scènes de bataille, où la chatte était tour à tour ennemi, compagnon de combat, barricade à franchir. Il sautait à pieds joints au-dessus d’elle, retombait de tout son poids à dix centimètres de son corps en faisant vibrer tout l’étage. Je tremblais qu’un jour il ne lui écrase une patte. Elle, ne frémissait pas d’un poil et le regardait faire, tranquille et ravie. Et, la crise de guerre terminée, s’ensuivait un gros câlin à deux où Missoui, la truffe contre son nez, lui apprenait la douceur et l’intimité.

Dans mes souvenirs, une petite scène me revient, qui nous avait beaucoup frappées, ma fille et moi. Elle avait environ sept ou huit ans et était en proie un soir à l’un de ces chagrins d’enfant accompagné de sanglots déchirants, et dont on oublie la raison à peine quelques jours après. Elle pleurait depuis un bon moment déjà, faisant beaucoup de bruit, réfugiée dans l’angle d’un grand canapé. La chatte, couchée sur un fauteuil un peu plus loin, de l’autre côté d’une table basse, la regardait attentivement. Je dus dire un mot qui déclencha chez ma fille un sanglot particulièrement fort et désespéré. La chatte ne fit qu’un bond et se précipita sur elle. Comme un éclair, elle sauta la table, parcourut toute la longueur du canapé sur le bord du dossier, avec la soudaineté et la violence d’une attaque … pour se blottir dans son cou, la tête enfouie sous son oreille.

Ma fille, complètement surprise par ce qui venait d’arriver, restait figée, tout sanglot suspendu, bouche ouverte, n’osant bouger avec la chatte immobile sur son épaule, son mufle appuyé sur son cou. Au bout d’un moment, toujours sans oser remuer, elle balbutia, la voix mouillée de larmes: «Tu as vu ce qu’elle a fait?» Au bout d’un moment, ma fille la serra contre elle. Ni elle ni moi n’osions vraiment nous rendre à l’évidence: Missoui avait sans doute bondi pour la consoler. En tout cas, de chagrin il ne fut plus question et nous en avons instantanément oublié la raison. Mais nous parlons encore de ce merveilleux et surprenant moment vécu grâce à Missoui.

 

D’après Anny Duperey «Les Chats de Hasard»

Источник: Де­мон­стра­ци­он­ная вер­сия ЕГЭ—2018 по фран­цуз­ско­му языку.

22
Задание 15 № 1740

Comment Fifi comprenait-elle l’importance du prénom pour la personne qui le porte?

 

1) Le prénom c’est la première chose que l’on voit, qui permettra de se distinguer.

2) Le prénom détermine le caractère d’une personne.

3) Le prénom est lié au destin des gens qui le portent.

4) Le prénom doit être transmis dans la famille.


Ma marraine Fifi et ma mère

 

 

Quand Fifi, la cousine de ma mère et ma marraine, et moi sommes arrivées de l’aéroport, papa était à la pêche et maman, allongée sous son arbre. Elle appelait cela les bains d’ombre. Ces bains-là offraient selon elle tous les avantages du soleil sans les inconvénients. La vie s’écoulait, tranquille, entre pêche à la ligne et bains d’ombre, loin du monde, si loin que la situation en devenait angoissante à mes yeux.

Fifi débarquait comme une tornade: aussitôt la bouillabaisse était dans la casserole, les fleurs dans les vases et la sieste perturbée. Il faut dire qu’il nous suffisait de peu pour nous affoler.

Elle aimait nous impressionner, nous montrer qu’elle était importante. Elle avait besoin d’éblouir. Maman m’avait dit: “À l’école, Fifi était meilleure à l’oral et moi à l’écrit.” J’en avais conclu que c’était parce que maman avait uneintelligence

tranquille, qui se développait à l’ombre des regards, qu’elle ne savait pas répondre, ni parler en public, ni même se défendre comme Fifi, qui était mieux taillée pour l’affrontement.

Maman m’appela Marie, Fifi s’en arrangea en me surnommant Maria-Lila: “Il faut garder la part du rêve dans un prénom; Maria-Lila … tu entends, il est là, le rêve, dans le tiret, dans la composition. C’est un bouquet, ce prénom-là!”

Si j’avais été la fille de Fifi, à coup sûr, elle aurait osé m’appeler Indiana ou Kenza parce que cela voulait dire trésor en arabe littéraire, ou même Sultana. Elle était ma grande cousine, pas ma mère, et son argument selon lequel “avec le nez, le prénom c’est la première chose que l’on voit, donne-lui un prénom qui lui permettra de se distinguer … Maria-Lila, c’est un prénom unique au monde!” ne fut pas retenu. Maman n’aimait pas la visibilité et, bien que Fifi fût ma marraine, elle échoua officiellement. Officieusement, Fifi l’emporta puisque tout le monde, à part maman, m’appelait Maria-Lila.

Je me prénommais Marie, j’habitais Fédala. Je nageais dans des criques à l’heure du déjeuner avant de retourner en classe cheveux mouillés ; je galopais à la tombée du jour, le long du rivage. Est-ce que je pourrais m’habituer au bruit strident d’un réveil, au métro, à la pluie, au sport en salle?

Malgré mes quatorze ans, maman m’habillait comme une petite fille modèle: robes en organza brodé, fabriquées au Portugal, nattes enroulées autour des oreilles, les affreux “macarons” qu’elle affectionnait. Ma soeur Sofia et moi avions

l’air de deux idiotes. Ce n’était pas de bon coeur qu’Aida nous tressait les cheveux, mais c’étaient les ordres de ma mère.

Maman vivait hors du temps. Hors de la mode, hors des années qui passaient. Elle avait gardé ses shorts vichy à la Bardot et moi je devais être une petite fille pour toujours. Les choses étaient figées, ici. Les années se ressemblaient toutes. Rien n’évoluait. Ni le paysage, qui devait être inchangé depuis la préhistoire, ni le temps, si beau … Pourquoi partir l’été, alors que nous avions une plage en bas de la maison?

À cause de cette logique, nous ne partions jamais en voyage.

Maman était trop occupée à composer des bouquets, un mélange étonnant de branches de jasmin et de bougainvilliers, trouvés dans le jardin, comme d’autres à l’étalage du fleuriste, pour s’apercevoir de mon désespoir.

Un jour, je serais habillée à la mode. Je me l’étais juré, comme on s’engage dans l’armée. Un jour, je n’aurais plus honte de mes macarons ni des robes démodées de Carmen, la couturière, un jour, moi aussi je serais “à la pointe”. La pointe de quoi? Fifi ne le précisait pas, mais j’étais prête à la suivre.

 

D’après Christine Orban “N’oublie pas d’être heureuse”

Источник: ЕГЭ — 2018. До­сроч­ная волна по французскому языку

23
Задание 15 № 1780

Pourquoi le professeur corrige-t-il toujours le mot «livre» dans les dissertations des élèves?

 

1) Les élèves copient ce mot l’un sur l’autre sans comprendre son sens.

2) La signification de ce mot est trop large et n’est pas précise.

3) Les élèves ne savent pas diversifier leurs copies.

4) L’orthographe du mot n’est pas correcte.


Un adolescent devant un Livre

Et le voilà, adolescent enfermé dans sa chambre, devant un livre qu’il ne lit pas. Toutes ses envies d’être ailleurs font entre lui et les pages ouvertes un écran vert qui trouble les lignes. Il est assis devant sa fenêtre, la porte fermée dans son dos. Page 48. Il n’ose compter les heures passées à atteindre cette quarantehuitième page. Le bouquin en compte exactement quatre cent quarante-six. Des pages bourrées de lignes comprimées entre des marges minuscules, de noirs paragraphes entassés les uns sur les autres. Ça manque d’air!

S’il se souvenait, au moins, du contenu de ces quarante-sept premières pages! Il n’ose même pas se poser la question — qu’on lui posera, inévitablement. La nuit d’hiver est tombée. Des profondeurs de la maison monte jusqu’à lui l’indicatif du journal télévisé. Encore une demi-heure à tirer avant le dîner. Pour lui, c’est épais, c’est compact, c’est dense, c’est un objet déplaisant, un livre. Page quarante-huit ou cent quarante-huit, quelle différence? Le paysage est le même. Il revoit les lèvres du prof prononcer le titre. Il entend la question unanime des copains: “Combien de pages?” — “Trois ou quatre cents ...” (Menteur ...) — “C’est pour quand?”.

L’annonce de la date fatidique déclenche un concert de protestations: “Quinze jours? Quatre cents pages à lire en quinze jours! Mais on n’y arrivera jamais, Monsieur!”.

Monsieur ne négocie pas. Pour un élève, un livre, c’est un objet désagréable et c’est un bloc d’éternité. C’est la matérialisation de l’ennui. “Le livre”. Il ne le nomme jamais autrement dans ses dissertations: le livre, un livre, les livres, des livres. “Dans son livre Les Pensées, Pascal nous dit que ...”

Le prof a beau protester en rouge que ce n’est pas la dénomination correcte, qu’il faut parler d’un roman, d’un essai, d’un recueil de nouvelles, d’une plaquette de poèmes, que le mot “livre”, en soi, dans son aptitude à tout désigner ne dit rien de précis, qu’un annuaire téléphonique est un livre, tout comme un dictionnaire, un guide bleu, un album de timbres, un livre de comptes ... Rien à faire, le mot s’imposera de nouveau à sa plume dans sa prochaine dissertation: “Dans son livre, Madame Bovary, Flaubert nous dit que ...”

Parce que, du point de vue de sa solitude présente, un livre est un livre. Et le poids de chaque livre est de ceux qui vous tirent vers le bas. L’adolescent s’est assis relativement léger sur sa chaise, tout à l’heure — la légèreté des résolutions prises. Mais, au bout de quelques pages, il s’est senti envahi par cette pesanteur douloureusement familière, le poids du livre, poids de l’ennui, insupportable fardeau de l’effort inabouti.

Maison vide, parents couchés, télévision éteinte, il se retrouve donc seul ... devant la page 48. Et cette “fiche de lecture” à rendre demain ... Bref calcul mental: 446 — 48 = 398. Trois cent quatre-vingt-dix-huit pages à s’envoyer dans la

nuit!

Il s’y remet bravement. Une page poussant l’autre. Les mots du “livre” dansent entre les oreillettes de son walkman. Sans joie. Les mots ont des pieds de plomb. Il lit comme on avance. C’est le devoir qui pousse. Page 62, page 63.

Il lit. Que lit-il? L’histoire d’Emma Bovary. L’histoire d’une fille qui avait beaucoup lu. Le mieux est de téléphoner à Thierry, ou à Stéphanie, pour qu’ils lui passent leur fiche de lecture, demain matin, qu’il recopiera vite fait, avant d’entrer en cours, ni vu ni connu, ils lui doivent bien ça.

D’après Daniel Pennac “Comme un roman”

Источник: Де­мон­стра­ци­он­ная вер­сия ЕГЭ—2019 по фран­цуз­ско­му языку.
Пояснение · ·

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